samedi, octobre 21, 2017
Cannabis actualités

Métaux lourds, pesticides et bactéries dans les joints en Suisse

Une étude dénonce la forte présence de substances nocives dans les cultures de chanvre. Les analyses révèlent la présence de substances qui défient les lois sanitaires.

Détente, soulagement contre la douleur, antioxydant… On prête à la marijuana de nombreuses vertus. Une plante synonyme de retour à la nature? La réalité est un peu moins belle. Une étude de l’Université de Berne, mandatée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), a analysé la présence de pesticides et de métaux lourds dans les cultures de chanvre. Les résultats sont mauvais.

Les analyses ont été effectuées sur des saisies policières de plantations indoor illégales venant de toute la Suisse. Pour les pesticides, le résultat est moyen: 8% des échantillons analysés ont révélé la présence de cinq produits différents. Les analyses ont surtout révélé des concentrations élevées de métaux lourds, soit de chrome, de cobalt ou encore d’aluminium, dans la grande majorité des plantes examinées.

La qualité microbiologique – le niveau de présence de micro-organismes comme des virus ou des bactéries – a également été évaluée sur 12 échantillons. Seul l’un d’eux a révélé une qualité respectable. Le reste est considéré comme inconsommable. «En termes de qualité microbiologique, les échantillons ne valaient guère mieux que du fourrage à bétail», souligne l’étude. La majorité des amateurs de cannabis consomment ainsi «très probablement» du matériel contaminé. Or, une exposition régulière à des bactéries peut constituer un réel danger pour les personnes allergiques, diabétiques ou dont le système immunitaire est affaibli.

L’OFSP utilisera ces résultats surtout à titre préventif. «La plupart des gens savent que fumer du cannabis est nocif pour la santé, tant pour les voies respiratoires qu’en termes de dépendance psychologique, Adrien Kay. A présent, nous pouvons également prévenir les gens sur ces risques supplémentaires, en particulier les jeunes.»

Le cannabis restant illégal, l’OFSP ne peut guère aller plus loin. Mais le constat est inquiétant à l’heure où le cannabis sans THC connaît un franc succès. D’où provient le chanvre utilisé? «C’est bien là tout le paradoxe, concède Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupe romand d’étude des addictions (GREA). La loi suisse n’autorise ni la culture de chanvre à des fins thérapeutiques, ni comme produit agricole. On ne peut donc vendre que du chanvre dont on contrôle mal la production. Celle-ci est surveillée, mais on pourrait faire bien mieux.»

A l’heure où les initiatives de distribution légale se multiplient dans les villes – à Genève, Zurich, Bâle ou Berne –, les conditions de production représentent l’un des principaux arguments prolibéralisation. «Après la lutte contre le marché noir, un meilleur contrôle de la qualité constitue l’un des grands avantages de la légalisation, estime Jean-Félix Savary. Certains pesticides présents contiennent du DDT, une substance interdite qui rend stérile. C’est un argument qui n’a pas d’effet sur les jeunes qui souhaitent consommer. Ils ne se sentent pas concernés, c’est dans la nature humaine. Il faut faire face à cette réalité et traiter le fond du problème. Mieux vaut qu’ils fument des joints sans métaux lourds.»

Source : 24heures le 06/05/2017

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