mercredi, décembre 13, 2017
Cannabis actualités

Retrait du cannabis des produits dopants? (Canada)

Le seuil accepté de cannabis en compétition avait été assoupli après le cas du planchiste canadien Ross Rebagliati en 1998. 

Les athlètes d’élite canadiens fument, mangent et investissent dans la marijuana. Et que dire d’une poff avant de se présenter au départ d’une compétition ?

Le gouvernement canadien envisage de légaliser le cannabis à des fins récréatives d’ici le 1er juillet 2018. Il est déjà légal pour un usage personnel et récréatif dans quelques États américains.

Le cannabis, le haschisch, la marijuana et le tétrahydrocannabinol (THC) figurent sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage (AMA), mais seulement en compétition.

Lorsque les laboratoires reçoivent des échantillons d’urine hors compétition, ils ne testent pas ces substances, selon le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES).

L’AMA a également assoupli le seuil en compétition en 2013 pour autoriser 150 nanogrammes par millilitre d’urine au lieu de 15.

Cette modification est significative étant donné que le planchiste canadien Ross Rebagliati a presque été dépouillé de sa médaille d’or olympique en 1998 avec un taux de 17,8 ng/ml.


Il avait alors expliqué qu’il avait inhalé la fumée secondaire d’un joint. Rebagliati avait récupéré sa médaille parce que la marijuana n’était pas encore une substance interdite par le Comité international olympique.Un sondage informel auprès d’athlètes canadiens qui envisagent de participer aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, en février prochain a donné lieu à une vaste gamme d’opinions, allant de conserver la marijuana sur la liste des produits interdits à la retirer lorsqu’elle devient légale au pays.

« Je pense que c’est plutôt avéré que ce n’est pas dangereux pour soi, et ce n’est certainement pas une substance pour améliorer la performance, du moins dans le sport que je pratique », a déclaré le skieur alpin Dustin Cook. « Donc oui, je pense qu’on devrait la retirer de la liste des produits prohibés quand elle deviendra légale. »

La planchiste Spencer O’Brien est du même avis. « Personnellement, je ne fume pas d’herbe, mais j’estime que ce n’est pas un produit stimulant la performance, a-t-elle déclaré. Je ne vois aucun aspect qui donnerait à quelqu’un un avantage en compétition. »

La bobeuse Kaillie Humphries affirme qu’elle n’a jamais essayé le cannabis ou le haschisch et pense qu’elle est « la seule athlète du monde entier », mais elle connaît des coéquipiers qui en fument et en mettent dans la nourriture comme une aide pour le sommeil pendant l’entraînement.

« Tu soulèves des poids à 18 h et tu es stimulée parce que tu as eu une grosse séance. Tu ne parviens pas à dormir avant deux, trois ou quatre heures du matin », a décrit la médaillée d’or olympique. « Beaucoup d’athlètes l’utilisent pour récupérer. Ce n’est pas quelque chose qui améliore la performance. »

Les athlètes ont tendance à être fanatiques à propos de tout ce qui entre dans leur corps. Fumer un joint semble donc ridicule pour certains. « Vous ne voulez pas avaler quelque chose qui va vous brûler la gorge », a déclaré la spécialiste de ski cross Georgia Simmerling.

Les perceptions sociales et politiques autour de la marijuana et du cannabis évoluent, car ils sont utilisés pour traiter la douleur et certaines conditions médicales.

La position du CCES est que la marijuana n’est pas une drogue améliorant les performances, a déclaré le président et chef de la direction, Paul Melia. Mais les pays signataires du code de l’Agence mondiale antidopage ne sont pas tous de cet avis, a-t-il noté.

Source : Le Devoir le 16/08/2017

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